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Les rushes, ces images brutes que l’on trie avant le montage

Qu’est-ce qu’un rush en vidéo ?

Un rush est un enregistrement brut issu d’un tournage : une prise de vues ou de son telle qu’elle sort de la caméra ou de l’enregistreur, avant tout montage. Les rushes forment la matière première d’un film ou d’une vidéo. On y trouve les bonnes prises, mais aussi les ratés, les claps, les essais et les temps morts.

Aujourd’hui, ce sont des fichiers vidéo et audio enregistrés sur carte mémoire ou sur SSD. Sur un tournage multicaméra ou en direct, on garde souvent l’enregistrement séparé de chaque caméra en plus du programme réalisé : ce sont aussi des rushes, très utiles pour remonter une version courte ou corriger un plan.

Rush, rushs ou rushes : d’où vient le mot ?

Le terme vient de l’anglais rush, « hâte ». À l’époque de la pellicule, le laboratoire développait pendant la nuit les images tournées dans la journée et les livrait en urgence à l’équipe, qui les visionnait le lendemain (les Américains parlent de dailies).

Au singulier, on écrit un rush ; au pluriel, rushes ou rushs, les deux graphies sont admises. L’équivalent français recommandé officiellement, « épreuves de tournage », n’est presque jamais employé.

Que fait-on des rushes après le tournage ?

Entre la fin du tournage et le montage, les rushes passent par plusieurs étapes :

  • la sauvegarde : les cartes sont copiées dès la fin de la prise, en au moins deux exemplaires sur des supports distincts, avec vérification des copies, et jamais effacées avant ;
  • la synchronisation : quand l’image et le son ont été enregistrés séparément, on les recale grâce au timecode ou au clap ;
  • le transcodage : on crée des copies légères pour monter confortablement, tandis que les fichiers d’origine, parfois en 4K ou en RAW, restent intacts ;
  • le dérushage : on visionne tout, on classe par jour, séquence et prise, on note les bonnes prises et les moments utiles.

Viennent ensuite le montage puis la conformation : une fois le montage figé, les fichiers d’origine remplacent les copies légères pour l’étalonnage et l’export final. L’ensemble de ces opérations relève de la postproduction.

Comment bien gérer ses rushes ?

Quelques règles simples évitent la plupart des mauvaises surprises :

  • nommer fichiers et dossiers selon une convention fixée avant le tournage (date, caméra, séquence) : c’est la base de tout workflow de production ;
  • tenir un rapport de tournage qui note les bonnes prises, les incidents et le numéro de chaque carte ;
  • garder une copie hors du lieu de montage ;
  • décider tôt de la durée de conservation : les rushes d’une interview ou d’un direct servent souvent des mois plus tard, pour de nouveaux extraits ou pour l’archivage de l’événement.

Un dérushage soigné est le temps le mieux investi d’une production : c’est lui qui permet au monteur de retrouver en quelques secondes la réplique ou le plan dont il a besoin.

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