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L’écran partagé ou split screen, du cinéma au direct

Qu’est-ce qu’un split screen ?

Le split screen, ou écran partagé, est un procédé qui divise l’image en plusieurs zones, chacune montrant un plan différent au même moment. On l’utilise pour montrer deux actions simultanées, deux points de vue sur une même scène ou deux personnes qui se parlent à distance. On l’écrit aussi split-screen ou splitscreen.

Dans les jeux vidéo, l’expression désigne le mode multijoueur où l’écran est coupé pour donner à chaque joueur sa propre vue. En vidéo, on le distingue de l’incrustation en médaillon, où une petite image se superpose à une grande.

Quels effets produit l’écran partagé ?

Le split screen supprime un choix de montage : au lieu d’alterner les plans, il les montre ensemble. Le spectateur compare, anticipe, voit ce que les personnages ignorent. Il sert ainsi :

  • à créer du suspense, quand une menace approche d’un personnage qui ne la voit pas ;
  • à montrer les deux interlocuteurs d’une conversation téléphonique ;
  • à opposer deux versions d’un même moment, comme les attentes et la réalité ;
  • à donner un rythme graphique, à la manière d’une planche de bande dessinée.

D’où vient le split screen ?

Le procédé naît avec le cinéma. Vers 1898, Georges Méliès utilise le cache et contre-cache : on filme une partie de l’image en masquant l’autre, on rembobine la pellicule, puis on filme la partie restante. En 1913, Suspense, de Lois Weber, divise l’écran en trois pour montrer une femme, son mari au téléphone et le rôdeur qui approche. Les décors aident souvent à justifier la division : fenêtres, miroirs, rétroviseurs.

Les années 1960 et 1970 en font un style, avec L’Affaire Thomas Crown (1968) et surtout Brian De Palma, qui l’emploie dans plusieurs de ses films. La série 24 heures chrono, à partir de 2001, l’a installé à la télévision.

Quels films utilisent le split screen ?

  • Phantom of the Paradise (1974) et Carrie au bal du diable (1976), de Brian De Palma ;
  • Requiem for a Dream, de Darren Aronofsky (2000) ;
  • Kill Bill : Volume 1, de Quentin Tarantino (2003) ;
  • (500) jours ensemble, de Marc Webb (2009), et sa scène « attentes / réalité » ;
  • OSS 117 : Rio ne répond plus, de Michel Hazanavicius (2009) ;
  • Scott Pilgrim, d’Edgar Wright (2010).

Comment réussir un split screen en direct ?

En direct, c’est le mélangeur vidéo de la régie qui compose l’écran partagé : la mise en page est préparée à l’avance, puis appelée d’un bouton au bon moment. C’est le format naturel du duplex, des débats et des interviews à distance. Quelques règles le rendent lisible :

  • orienter les regards l’un vers l’autre : la personne de gauche regarde vers la droite, et inversement ;
  • harmoniser lumière, couleurs et taille des visages entre les deux sources ;
  • garder des visages assez grands pour rester lisibles sur un téléphone ;
  • ne pas diviser l’écran plus que nécessaire.

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