S’ouvre dans un nouvel onglet

Comment le flashback fait revivre le passé à l’écran

Qu’est-ce qu’un flashback ?

Le flashback est une scène qui interrompt le cours d’un récit pour montrer des événements antérieurs, avant de revenir au présent de l’histoire. Il éclaire une situation, révèle un secret ou explique le comportement d’un personnage. En français, on dit retour en arrière ; les spécialistes du récit parlent d’analepse.

Le mot s’écrit flashback ou flash-back (au pluriel, flashbacks ou flash-backs). Le procédé existe en littérature depuis l’Antiquité : dans l’Odyssée, Ulysse raconte lui-même ses aventures passées à la cour des Phéaciens. Son contraire est le flash-forward, qui fait un saut vers le futur.

D’où vient le flashback au cinéma ?

On attribue souvent le premier flashback filmé à Histoire d’un crime de Ferdinand Zecca (1901) : en prison, un condamné revoit en rêve les étapes de sa vie qui l’ont mené au crime, jouées dans un décor qui apparaît au-dessus de son lit.

Le procédé devient la structure même du film avec Le jour se lève (Marcel Carné, 1939), raconté en retours successifs par un homme retranché dans sa chambre, puis Citizen Kane (Orson Welles, 1941), qui reconstitue la vie de son héros à travers les souvenirs de ceux qui l’ont connu. Rashōmon (Akira Kurosawa, 1950) va plus loin : plusieurs témoins racontent le même crime, et leurs flashbacks se contredisent.

Comment montre-t-on un retour en arrière à l’écran ?

Le spectateur doit comprendre tout de suite qu’il change d’époque. Les signaux les plus courants :

  • la transition : fondu, flou, son qui s’étire, gros plan sur le regard du personnage qui se souvient ;
  • le carton : une date, ou une mention comme « Vingt ans plus tôt » ;
  • le traitement de l’image : couleurs passées, noir et blanc ou grain de pellicule, travaillés à l’étalonnage ;
  • les décors et les costumes, parfois un autre comédien pour jouer le personnage plus jeune.

Un flashback se construit en général en quatre temps : un élément déclencheur dans le présent (un objet, une phrase, un lieu), le basculement vers le passé, la scène passée elle-même, puis le retour au présent, souvent sur le même déclencheur.

Pourquoi utiliser un flashback ?

Il permet de commencer une histoire par son moment le plus fort, puis d’expliquer comment on en est arrivé là. Il distille aussi l’information au moment choisi : un souvenir révélé tard peut changer le sens de tout ce qui précède. Dans Il était une fois dans l’Ouest (Sergio Leone, 1968), le souvenir qui explique la vengeance de l’homme à l’harmonica n’est montré en entier qu’au duel final.

Bien dosé, il enrichit le récit ; trop fréquent, il casse le rythme et perd le spectateur. Une règle simple : chaque retour en arrière doit apporter une information dont le présent a besoin.

Le flashback dans une vidéo d’entreprise

Le principe sert aussi hors fiction. Un film institutionnel peut partir d’aujourd’hui (une usine, une équipe, un produit) et remonter aux débuts de l’entreprise avec des photos d’archives ou le témoignage d’un fondateur. Le storyboard ou le séquencier fixe à l’avance la place de ces retours en arrière, pour garder un récit clair.

Réalisez votre projet avec Studio Webcast