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Le plan-séquence, une scène filmée d’un seul tenant

Qu’est-ce qu’un plan-séquence ?

Un plan-séquence est une séquence entière filmée en un seul plan, sans aucune coupe : la caméra tourne en continu du début à la fin de l’action. Elle peut se déplacer, changer de pièce, passer d’un personnage à l’autre, mais le montage n’intervient pas. Tout le découpage est donc pensé et répété avant la prise.

On l’écrit le plus souvent avec un trait d’union ; au pluriel, des plans-séquences.

Plan, séquence, plan-séquence : quelle différence ?

Au cinéma, le plan est un fragment filmé sans interruption, entre deux coupes. La séquence est une unité de récit, liée à une action, souvent à un lieu et à un moment, composée en général de plusieurs plans : c’est l’unité de base du séquencier. Le plan-séquence fait coïncider les deux : un seul plan pour toute la séquence.

Il ne faut pas le confondre avec le plan long, qui dure simplement plus que la moyenne sans couvrir forcément une séquence complète. Ni avec le master shot, ou plan de référence : il capte bien toute l’action en une prise, mais il est prévu pour être entrecoupé au montage de gros plans et de contrechamps. Le plan-séquence, lui, se suffit à lui-même.

Pourquoi tourner en plan-séquence ?

Sans coupe, le spectateur vit l’action en temps réel. Le plan-séquence renforce le réalisme, fait monter la tension et plonge le public dans l’espace de la scène : il sert à suivre un personnage, à révéler un lieu ou à faire durer une confrontation. C’est aussi une démonstration de mise en scène, parfois volontairement visible.

Il impose de lourdes contraintes : chorégraphie précise des comédiens et de la caméra, travellings et panoramiques réglés au centimètre, lumière qui fonctionne sous tous les angles, micros invisibles, répétitions nombreuses. Le cadreur travaille souvent au Steadicam ou au stabilisateur. Une erreur à la dernière minute oblige à tout recommencer. Certains films trichent avec des raccords dissimulés (un passage dans le noir, un mouvement rapide) qui assemblent plusieurs prises en un faux plan-séquence.

Quels sont les plans-séquences les plus célèbres ?

  • La Soif du mal, d’Orson Welles (1958) : l’ouverture suit une voiture piégée pendant plus de trois minutes ;
  • Soy Cuba, de Mikhaïl Kalatozov (1964) ;
  • Les Affranchis, de Martin Scorsese (1990) : l’entrée au Copacabana par les cuisines ;
  • L’Arche russe, d’Alexandre Sokourov (2002) : tout le film en un seul plan, tourné au musée de l’Ermitage ;
  • Elephant, de Gus Van Sant (2003) ;
  • Les Fils de l’homme, d’Alfonso Cuarón (2006) : l’attaque de la voiture ;
  • Birdman, d’Alejandro González Iñárritu (2014), et 1917, de Sam Mendes (2019) : deux faux plans-séquences, montés pour paraître d’un seul tenant ;
  • Victoria, de Sebastian Schipper (2015) : plus de deux heures en une seule prise réelle.

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