Qu’est-ce que le protocole SRT ?
Le protocole SRT, pour Secure Reliable Transport, est conçu pour envoyer de la vidéo en direct par internet, de façon fiable et chiffrée, avec une faible latence. Il a été développé par la société canadienne Haivision, qui l’a rendu open source en 2017 ; l’alliance SRT, fondée la même année, réunit depuis des centaines de fabricants et de diffuseurs.
SRT sert surtout à la contribution : faire voyager un direct d’un lieu de tournage vers une régie, d’une régie vers un service de diffusion, ou entre deux chaînes, sur l’internet public plutôt que par satellite ou par une liaison louée. Ce n’est pas un format de compression : il transporte un flux déjà encodé, en H.264 ou en HEVC par exemple (voir encodeur vidéo et format vidéo).
Comment fonctionne SRT ?
- il s’appuie sur UDP, le mode de transport le plus rapide d’internet, qui envoie les paquets sans attendre de confirmation ;
- il récupère les pertes : le récepteur signale les paquets manquants, l’émetteur les renvoie, le tout à l’intérieur d’une marge de temps choisie, la latence ;
- la latence se règle : 120 millisecondes par défaut, souvent plusieurs fois le temps d’aller-retour du réseau quand la liaison est longue ou instable ;
- il chiffre le flux en AES à partir d’une phrase secrète partagée entre l’émetteur et le récepteur ;
- il traverse les pare-feux grâce à trois modes de connexion : l’un appelle (caller), l’autre écoute (listener), ou les deux se rejoignent (rendezvous) ;
- il mesure la liaison en continu : pertes, temps d’aller-retour, bande passante disponible.
SRT ou RTMP : lequel choisir ?
Le RTMP reste le protocole que toutes les grandes plateformes acceptent pour recevoir un direct : simple, universel, il suffit d’une adresse de serveur et d’une clé. Mais il repose sur TCP, qui attend chaque paquet perdu : sur une connexion qui flanche, l’image se fige et le retard s’accumule.
SRT tient mieux sur un réseau imparfait, garde une latence maîtrisée, chiffre nativement le flux et transporte les formats de compression récents. Dans la pratique, les deux se complètent souvent : SRT pour acheminer le direct d’un lieu à un autre, RTMP pour le dernier envoi vers la plateforme ou vers un service de distribution multiplateforme.
Quand utiliser SRT pour un direct ?
- quand la connexion n’est pas maîtrisée : réseau d’un lieu d’événement, liaison 4G ou 5G ;
- sur de longues distances, pour un duplex international ou une régie située dans un autre pays ;
- pour un contenu confidentiel, assemblée générale ou plénière interne, grâce au chiffrement ;
- quand une chaîne de télévision ou un prestataire de diffusion reçoit le direct et le demande en SRT.
Il faut alors prévoir une marge de débit montant au-delà du débit de la vidéo, pour laisser la place aux paquets renvoyés : une fibre symétrique dédiée offre ce confort.