Qu’est-ce qu’un conducteur en télévision ?
Le conducteur est le document qui décrit, dans l’ordre chronologique, toutes les séquences d’une émission, avec leur durée et les moyens techniques de chacune. La terminologie officielle le définit comme la liste ordonnée des séquences d’un programme ; les anglophones parlent de rundown ou de cue sheet.
C’est la référence commune de toute l’équipe : l’hôte y suit ses lancements, le réalisateur ses enchaînements de caméras en réalisation multicaméra, l’ingénieur du son ses entrées de micros et de musiques, l’opérateur graphique ses synthés, l’opérateur prompteur ses textes. Au cinéma, ce rôle revient au scénario et au séquencier.
Que contient un conducteur ?
Un conducteur se présente comme un tableau, une ligne par séquence, avec en général :
- le numéro et le titre de la séquence ;
- l’heure de passage prévue et la durée, avec le cumul depuis le début ;
- les intervenants et leur place sur le plateau ;
- la source image : caméras du plateau, vidéo, slide, intervenant en duplex ;
- la source son : micros, musique, jingle, son d’une vidéo ;
- les éléments graphiques à lancer, synthés et bandeaux de l’habillage graphique ;
- les remarques : texte du lancement, transition, consigne particulière.
Par exemple, pour un webcast d’entreprise d’une demi-heure :
- 18:00:00, générique d’ouverture, 30 secondes, vidéo et musique ;
- 18:00:30, accueil par l’animateur, 2 minutes, plan large puis plan serré, synthé de l’animateur ;
- 18:02:30, interview du dirigeant, 8 minutes, deux caméras, synthé de l’invité, slides à l’écran ;
- 18:10:30, duplex avec le site de Lyon, 5 minutes, synthé du lieu ;
- 18:15:30, questions du public, 12 minutes, séquence ajustable ;
- 18:27:30, conclusion et générique de fin, 2 minutes 30.
Qui rédige le conducteur ?
À la télévision, la rédaction en chef ou la production écrit une première version, puis la scripte la met en forme, calcule les temps et diffuse les mises à jour. Pour un événement d’entreprise, le conducteur se construit à deux : le client apporte le fond (messages, intervenants, ordre de passage), le réalisateur la faisabilité technique (temps de changement de plateau, préparation des vidéos, nombre de duplex).
Il passe par plusieurs versions et se fige avant le filage, la répétition générale, où l’on vérifie chaque transition. Il s’inscrit dans le workflow de production, entre l’écriture et le direct.
Comment le conducteur est-il utilisé pendant le direct ?
- en régie, le réalisateur suit le conducteur ligne à ligne et annonce la séquence suivante ; la scripte calcule l’avance ou le retard ;
- sur le plateau, l’animateur l’a sous les yeux, reçoit les consignes de temps dans son oreillette et lit ses lancements au prompteur ;
- en cas de retard, on rattrape le temps sur une séquence prévue pour être ajustable, souvent les questions du public, jamais sur la conclusion ;
- après le direct, le conducteur sert de base au découpage du replay en chapitres et à l’archivage du webcast.
Pour le construire pas à pas : bien préparer son conducteur pour un live réussi.