Qu’est-ce qu’un mur LED ?
Un mur LED, ou mur d’images LED, est un écran de grande taille construit à partir de dalles couvertes de diodes électroluminescentes. Chaque pixel est formé de trois diodes, rouge, verte et bleue, dont on dose l’intensité pour obtenir toutes les couleurs. Les dalles s’emboîtent sans bordure visible : on assemble ainsi un écran à la taille et au format voulus, bien au-delà du 16/9 des téléviseurs, en bandeau panoramique, en colonne ou en courbe.
Un processeur vidéo, le contrôleur, reçoit l’image de la source (ordinateur, mélangeur, lecteur) et la découpe pour l’envoyer à chaque dalle. On retrouve le mur LED sur les scènes de concert, les salons, dans les salles de conférence, en affichage urbain et, de plus en plus, comme décor de plateau de télévision, où il remplace les toiles peintes et une partie des décors construits.
Qu’est-ce que le pitch d’un mur LED ?
Le pitch, ou pas de pixel, est la distance en millimètres entre le centre de deux pixels voisins. C’est la première caractéristique d’un mur LED : plus le pitch est petit, plus l’image est fine vue de près, et plus l’écran coûte cher. Une règle d’usage courante veut que la distance de vision minimale, en mètres, soit à peu près égale au pitch en millimètres.
- de 4 à 10 mm : affichage extérieur et grandes scènes, regardés de loin ;
- de 2,5 à 4 mm : scènes d’événements et salles de spectacle ;
- moins de 2,5 mm : salles de réunion, plateaux de télévision et production virtuelle, où la caméra s’approche de l’écran.
Trois autres critères comptent : la luminosité, exprimée en nits, bien plus forte en extérieur qu’en intérieur ; la fréquence de rafraîchissement, qui doit être élevée pour que l’écran ne scintille pas à l’image ; et l’étalonnage des dalles entre elles, pour que les couleurs restent uniformes sur toute la surface.
Mur LED ou mur d’écrans : quelle différence ?
Un mur d’écrans juxtapose plusieurs moniteurs LCD. Il coûte moins cher et offre une image très fine, mais les bordures de chaque moniteur dessinent une grille visible, même quand elles ne font que quelques millimètres. Le mur LED, lui, n’a aucun joint, accepte toutes les dimensions et monte beaucoup plus haut en luminosité.
Face à la vidéoprojection, le mur LED a deux avantages décisifs sur un plateau : il reste lisible dans une pièce éclairée, et personne ne projette d’ombre en passant devant.
Pourquoi filmer devant un mur LED ?
- le décor change en un instant : logo et visuels de marque pour une animation de marque, ville la nuit, photo d’un site industriel ;
- l’écran montre des images utiles au propos : slides, chiffres, vidéos, ou un intervenant en duplex ;
- il est piloté depuis la régie, au rythme du conducteur, et s’intègre à l’habillage graphique de l’émission ;
- il éclaire aussi la scène : sa lumière se reflète sur les visages et les surfaces brillantes, ce que l’éclairagiste prend en compte.
Les très grands murs LED courbes sont au cœur de la production virtuelle : ils affichent un décor en trois dimensions qui suit les mouvements de la caméra, une technique popularisée par la série The Mandalorian en 2019.
Quelles précautions pour filmer un mur LED ?
- éviter le moiré : quand la caméra fait le point trop près de l’écran, la grille des pixels interfère avec le capteur et des vagues apparaissent. On garde de la distance et on fait le point sur la personne, avec une faible profondeur de champ (voir diaphragme) ;
- caler la vitesse d’obturation des caméras sur la fréquence de l’écran, sinon des bandes défilent à l’image ;
- baisser la luminosité du mur pour l’équilibrer avec les visages, qui doivent rester la zone la plus lumineuse du cadre (voir key light) ;
- préparer des visuels au format exact de l’écran, souvent bien plus large que le 16/9.