Qu’est-ce qu’un séquencier ?
Un séquencier est un document qui découpe le récit d’un film en séquences numérotées, dans l’ordre où elles apparaîtront à l’écran. Chaque séquence y est résumée en quelques lignes : le lieu, le moment de la journée, les personnages présents et ce qui se passe. Il ne contient pas encore de dialogues.
Dans l’écriture d’un scénario, il se place entre le traitement, récit continu de l’histoire, et la continuité dialoguée, version finale avec les dialogues. En anglais, on parle de step outline.
À quoi sert un séquencier ?
Il permet de voir toute la construction du film d’un coup d’œil, avant de s’attaquer aux dialogues. On y repère les séquences inutiles, les trous dans l’intrigue et les problèmes de rythme, et l’on peut déplacer une séquence sans réécrire des pages entières.
C’est aussi un document de travail partagé : le producteur et le réalisateur le lisent pour juger de la structure avant de lancer la suite de l’écriture. En listant les lieux, les personnages et les moments, il donne enfin une première idée de l’ampleur du tournage.
Exemple de séquencier
Voici le début d’un séquencier pour un court métrage imaginaire :
- 1. INT. APPARTEMENT DE LÉA – NUIT. Léa, trente ans, rentre épuisée. Sur la table, une lettre à son nom, sans timbre. Elle l’ouvre : une seule phrase, « Je suis revenu ».
- 2. EXT. RUE – NUIT. Léa descend en courant et scrute la rue déserte. Au loin, une voiture démarre, phares éteints.
- 3. INT. COMMISSARIAT – JOUR. Léa montre la lettre à un policier sceptique. Il lui demande qui pourrait être « revenu ». Elle hésite, puis ment.
Chaque entrée tient en deux ou trois phrases au présent, avec l’en-tête du lieu et du moment. On y décrit l’action et son enjeu, pas la mise en scène ni les mouvements de caméra.
Séquencier, découpage, storyboard : quelles différences ?
- le séquencier raconte l’histoire séquence par séquence ;
- le découpage technique détaille chaque séquence en plans : valeur de plan, mouvement de caméra, durée ;
- le storyboard dessine ces plans, vignette par vignette.
En documentaire, le séquencier reste souvent provisoire : on en écrit une première version avant le tournage, puis on le refait à partir des rushes pour construire le montage. Pour un court métrage, où chaque journée de tournage compte, il aide à vérifier que chaque séquence est indispensable avant de passer au plateau.